Comment les adolescents japonais ont-ils perçu la catastrophe nucléaire?

L’impact de l’accident nucléaire apparaît dans les oeuvres artistiques d’adolescents, comme en témoigne un professeur de lycée

texte original de Miyuki Kobayashi, lycée préfectoral de Fukushima (sujet: Travail social études).

L’article a été publié dans « Cresco » (Janvier 2013), le magazine de «All Japan Teachers ‘Union», édité et traduit vers l’anglais par l’équipe WNSCR (World Net for Save the Childs from Radiations)

 

 

A: Le drapeau national, c’est «ça». (Un garçon de 12°)

 

Un drapeau flotte au sommet d’un immeuble qui semble être celui de la Diète japonaise. Mais le drapeau n’est pas le drapeau national japonais Hinomaru, le symbole du soleil levant. L’étudiant qui a dessiné cette image a légendé son œuvre: « Le drapeau national c’est ça »

 

Oui, le symbole du drapeau est la cuve du réacteur nucléaire de la centrale Daiichi de Fukushima.

Après le tremblement de terre, j’ai demandé à mes élèves de 12e année d’ exprimer leurs pensées dans ma classe, où j’enseignais à l’époque. Le thème était «En regardant mon année précédente». Ce dessin est un travail présenté par un élève.

 

C’est vraiment une brillante idée que de conserver la cuve du réacteur sur le drapeau national. Notre gouvernement a déclaré que la situation était sous contrôle, alors qu’en réalité elle est hors de contrôle.

Nous, les humains avons tendance à oublier les choses. L’accident nucléaire sera oublié un jour. Pour éviter l’accident de l’oubli, nous devrions graver l’incident sur notre drapeau national. C’ est absolument la meilleure façon de se souvenir des centrales nucléaires qui produisent inévitablement des déchets nucléaires, qu’il est nécessaire de garder sous contrôle pendant des milliers et des milliers d’années à venir

L’étudiant a commenté son œuvre:

 

«Je ne pense pas que cette période confuse et embrouillée prendra fin dans un avenir proche, dans quelques années. Ce pays qui était censé être fiable n’était pas fiable du tout et cette année, il a été tellement bouzillé que je me suis convaincu que je ne pouvais faire confiance en rien, sinon en moi-même. Le mot de l’année pour moi ne serait pas un mot sonnant joliment comme «Kizuna» (lien), mais plutôt des mots comme «Kou» (penser), «Nou» (la peine), ou «Ku» (souffrir) qui sont plus en correspondance avec mes sentiments.»

A.
A.

B. Écroulement (12e année, Filles)

 

Des filles qui semblent être des élèves du secondaire sont entassés dans une pièce fermée. La chambre est un gâchis de choses écroulées. Une jeune fille est absorbé par la tâche de remettre les choses à leur place d’origine. Les livres épais sont-ils un symbole de la «connaissance»? Certaines filles chargent leurs téléphones dans un coin de la pièce.

Il semble que «les téléphones qui n’ont pas de courant » sont une satire de la vulnérabilité d’une société qui dépend de la civilisation, et on nous demande juste comment nous pouvons produire plus d’électricité. Il est 03h00. C’est juste l’heure où le tsunami frappe à Fukushima, si c’était ce jour là.

 

«J’ai réalisé à travers l’expérience de la catastrophe du tremblement de terre, que tout ce que j’avais fait – en recevant, en perdant et par d’autres moyens – peut s’effondrer en un instant », a-t-elle écrit.

B.
B.

Je voulais utiliser ces expériences de «catastrophe» comme matériel éducatif, au lieu de simplement faire un discours moral. Est-ce que la nation nous a protégés, nous ses citoyens? est-ce que notre société est durable? Que pouvons-nous faire à propos de la politique énergétique?

 

Nous les adultes avons fait qu’un jeune homme croit que le seul en qu’il puisse avoir confiance est lui-même. Il est de notre devoir de donner des réponses sincères aux questions qui ont surgi après le tremblement de terre. En particulier, notre responsabilité en tant que professeurs est très importante.

 

La relation de confiance mutuelle qui s’est effondrée comme les blocs qui tombent, doit être reconstruite avec les enfants. C’est la seule façon de pouvoir parler de nos espoirs pour l’avenir.

 

Par Miyuki Kobayashi, enseignant au lycée préfectoral de Fukushima

 

(Traduction vers l’anglais par l’équipe WNSCR 

le texte anglais

Traduction de l’anglais vers le français par georges, vivre-apres-fukushima.fr)

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