France et Fukushima: Ensemble pour un avenir meilleur - Ce que nous pouvons apprendre du Laos afin de l'enseigner à Fukushima

Le 1 Juin 2013, Mr Sensuke Shishodo, ancien directeur d’une école primaire a fait un exposé à l’école normale supérieure de Paris au sujet des enfants de la ville de DATE et de ce qu’il pense être le plus important dans l’éducation des enfants après le désastre de mars 2011 au Japon.

La ville de DATE est située à environ 50 km de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai Ichi mais elle a été sévèrement affectée par les radiations.

Transcription intégrale du contenu de la conférence

pour un texte raccourci, voir http://www.vivre-apres-fukushima.fr/un-directeur-decole-de-fukushima-fait-un-expose-a-lecole-normale-superieure-de-paris/

 

1. Présentation


       Mon nom est Sensuke Shishido. Jusqu'à fin Mars, j'étais directeur d'une petite école primaire publique dans une ville à environ 50 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima.I, où d'énormes explosions ont eu lieu après le passage d'un grand tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé la région nord-est du Japon il y'a de cela deux ans. Au Japon, la plupart de nos écoles primaires et les collèges sont des établissements publics, sauf dans les grandes villes comme Tokyo. Les enseignants travaillants dans ces écoles publiques sont tous des fonctionnaires qui sont recrutés par les gouvernements locaux. Par conséquent, les enseignants sont transférés à différentes écoles au sein de la même préfecture. Et ils doivent prendre leur retraite à l'âge de 60 ans. Donc, maintenant vous connaissez mon âge. J'ai effectivement 60 ans, je ne suis plus très jeune, mais je ne me considère pas très vieux non plus. En ce moment, je suis membre d'une équipe de volontaires du bureau de Tokyo de l'OSBL, qui travaille pour la construction des écoles pour les enfants des minorités ethniques vivant dans les régions montagneuses de l'Asie du Sud-Est. Je suis très reconnaissant d'avoir eu cette opportunité de venir en France ainsi qu’à la plus belle ville, Paris, et parler de Fukushima à la plus prestigieuse École Normale Supérieure. Je remercie les professeurs de langue japonaise, Mme Estelle Figon de m'avoir donné cette opportunité et ainsi qu’à Monsieur Paul Andre Mellies et son épouse Koko Noguchi pour leur aide très précieuse pour les préparatifs et de m'avoir envoyé des informations détaillées pour rendre ce discours possible.

       Et maintenant, je souhaiterais vous parler de Fukushima et plus précisément de la manière dont les enfants de l'école primaire, où j’occupais la place du directeur, ont réagi face aux séismes et le tsunami qui ont frappé le Japon ainsi qu’aux explosions de la centrale nucléaire le 11 mars. Je tiens tout particulièrement à vous faire part de la vie de ces enfants depuis cette catastrophe, ainsi que de vous transmettre un message de protection des deux pays historiques et traditionnels, la France et le Japon, et que nous devons tous travailler ensemble pour les protéger,les deux des plus beaux pays de la terre.

 

2. Après deux ans et 3 mois


       Deux ans et 3 mois sont passés, depuis le grand tremblement de terre, le tsunami et l'accident nucléaire, mais il reste encore plus de 100.000 personnes qui sont dans l'incapacité de retourner dans leur ville natale. A Iitate, un village à 30 kilomètres de la centrale nucléaire, les habitants ont dû évacuer l'ensemble du village, tout comme les habitants des quatre villes situées à moins de 20 kilomètres de l'usine. Après la décontamination des maisons et des lieux publics, les différents gouvernements nous ont demandés de revenir. Toutefois la peur de la radiation ne nous incite pas à revenir, surtout pour les familles en compagnie de jeunes enfants. Il y a en tout 12 primaires et collèges de la région côtière de Fukushima, qui ne peut pas encore ouvrirent ses portes, et 35 autres, qui ne peuvent pas utiliser leurs anciens bâtiments scolaires.

 

 

3. Qu'est-il arrivé le 3.11


       C'était il y a deux ans, à 14h46, le vendredi 11 Mars. Les téléphones portables des enseignants ont commencés à sonner pour nous avertir séisme. Et quelques minutes plus tard, un séisme de magnitude 9, incomparable aux deux autres tremblements de terre que j’avais déjà vécu auparavant, nous a tous emporté. Même pour ce pays qui a déjà dû faire face à de nombreux séismes, ce dernier en était un qu’on voyait qu’une fois tous les milles ans. J’ai alors cru que notre bâtiment allait s’effondrer. Nous entendions des cris et les pleures des enfants qui étaient aux deuxièmes et troisièmes étages. Le Japon étant un pays insulaire, nous avions l’impression que le pays pouvait couler d’un moment à l’autre. Après le séisme, le courant a été coupé. J'ai alors attrapé un micro portable et donné des instructions d'évacuation, et ainsi les enfants ont tous pu évacuer en toute sécurité dans la cour. J'ai écrit les détails de ce moment-là dans le bulletin scolaire appelé "Waka-ayu" (jeune carpe), donc si vous voulez le lire quand vous aurez un moment…


<Photo 1> 

C’est une photo prise sur le chemin de ma maison jusqu’à l’école primaire en question.  

 

<Photo 2> 

C'est là que sept maisons ont été détruites par le glissement de terrain provoqué par le séisme dans la ville de Shirakawa, qui se trouve dans la partie sud de la préfecture de Fukushima. A l'intérieur se trouvaient 13 personnes enterrées vivantes dont l’une était un enfant de la famille éloignée d’un de mes élèves, qui n’a malheureusement pas survécu. 

 

4. La puissance du tsunami


       Le nombre de morts causés par le séisme et le tsunami le 11 mars est dit être de  18.000, dont la plupart sont des victimes du tsunami. Ce tsunami, qui a commencé à engloutir la région côtière du Pacifique, la région nord-est du Japon en moins d'une heure, mesurait à peu près 15 mètres et pour certains plus de 20.


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C'est une ville dans la préfecture d'Iwate 40 heures après qu'il a été durement touché par le tsunami. Une odeur encore jamais senti se propageait apparemment dans toute la ville.


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Cette ligne côtière de Fukushima a pris par mes soins, début mai. Vous pouvez voir la dans la partie supérieure de l'image. Et bien que ce cerisier soit cassé à angle droit, vous pouvez voir qu'il est toujours florissant. Et au fond nous pouvons déceler l’apparence d’un véhicule dans un état inimaginable.


<Photo> 

Cette maison a une affiche sur la fenêtre qui indique que c’était une maison en construction et donc inhabité à l’époque. De l'autre côté de cette maison, il y avait un autre panneau où étiat écrit à la peinture blanche: "ne pas détruire" puis barré en rouge, et écrit à la place « détruisez svp » J'ai alors imaginé la réaction du propriétaire de cette maison, je senti alors comme un pincement au cœur.

 

5. Les effets de l'accident nucléaire


       Ces maisons et villes, emportées par le tsunami vont surement être reconstruites dans une dizaine d’années dans une autre région. Mais la quantité de substances radioactives  propagées par l’accident nucléaire du central nucléaire de Fukushima I par Tokyo Electric Power Company (TEPCO), est bien supérieur à celle causé par l'accident de Tchernobyl. Les travailleurs d'usine travaillent encore dans des conditions très dangereuses pour maintenir le refroidissement des combustibles fondus. La quantité d'eau, hautement radioactive continue d'augmenter. Ils disent qu'il faudra compter 40 ans avant de pouvoir retirer le carburant du réacteur en toute sécurité. Nous avons un système appelé SPEEDI (Système Prédiction d'information de la dose d'urgence environnementale), qui prédit la propagation de substances radioactives dans l'environnement. Il opérait lors de l'accident, mais les données n'ont jamais été rendus publiques. Pour cette raison, les gens qui ont fui dans la même direction que la propagation de la radiation sont toujours inquiets de ce qui va se passer à l'avenir. De plus  parmi les enfants qui n'ont jamais eu de comprimés d'iode, nous commençons à voir des signes de cancer de la thyroïde.

 

6. Vidéo de la cérémonie de remise des diplômes


       Douze jours après le séisme, nous avons organisé à mon école une cérémonie de remise des diplômes. Au Japon, les écoles organisent habituellement des cérémonies de remise de diplôme dans les gymnases avec l'ensemble des étudiants, en plus des parents et des gens de la communauté. En ayant pas la possibilité de l’organiser dans le gymnase, nous avons organisé la cérémonie à un endroit où les gens peuvent évacuer facilement. Lors de la cérémonie, le message que j’ai passé à mes étudiants était: "Ne pas laisser les catastrophes vous prendre le dessus, mais continuez à avancer avec vos rêves et espoirs." Après la cérémonie, les étudiants diplômés sont allés directement aux habitas des réfugiés. Ils sont allés là-bas, de leurs propres initiatives, pour essayer de remonter le moral de ces personnes qui ont tout perdu lors de ces catastrophes.

 

7. Mutation des enseignants reportée de quatre mois


       Au Japon, l'école commence en Avril et se termine en Mars. Ainsi, les enseignants sont transférés à de nouvelles écoles en fin mars. Cependant, en 2011, ce transfert a été reporté pendant quatre mois. Je suis arrivé le 1 Aout ,à la ville de Date, qui se trouve à l'extrémité au nord de la préfecture de Fukushima. Sur la carte, vous pouvez voir mon ancienne école est ici, et la nouvelle école ici. Vous pouvez alors constater que j'ai été transféré dans une école qui se situe dans une zone où le niveau de radioactivité est plus élevé. La carte de gauche représente la ville de Daté. La partie rouge montre là où la radioactivité est élevée et la partie blanche là où elle est faible. Les établissements publics tels que les écoles ont été décontaminés en aout 2011. Après la décontamination en Décembre, la dose radioactive sur un poste de mesure fixe était 0,116 mSv/h, mais en utilisant un appareil de mesure différent au même endroit et à la même période, la dose était 0,146 mSv/h. J'habite à la ville de Fukushima, capitale de la préfecture de Fukushima située environ 20 kilomètres de Daté.

       Ceci est une photo de ma maison et le fossé derrière. Vous pouvez voir comment le niveau de radiation au niveau du fossé est supérieur à 10 micros sievert par heure sur le dosimètre le 14 Août2012. Même après deux ans, la radioactivité est supérieure à 5 mSv/h. Cela est beaucoup plus élevé que la limite annuelle de 1mSv par an fixé par le ministère de l'Éducation et de la Science et de la Technologie du Japon. Même après deux ans et trois mois, il n'y a eu aucun changement. Dans la ville de Fukushima, les établissements publics qui ont montré des niveaux élevés de radiation ont été décontaminés, mais à part ça, rien n'a vraiment commencé autour de ma maison. La ville de Fukushima n’affichait même une carte qui montrait les niveaux de radioactivité de la région en avril dernier. C'est une image d'une boutique de pierre, qui vend un récipient pour mettre de « la terre contaminée par la radioactivité ». A Fukushima, n'ayant pas de lieu de stockage des débris ou de terres contaminés, il est impossible de sortir la terre contaminée de notre maison hors de chez soi. C'est pourquoi nous devons acheter ce récipient chez le marchand de pierre afin de mettre nous même de la terre contaminés et de le mettre sous terre, dans notre jardin par nous-même. 

 

8. Pêches et des kakis séchés produites a Date


       La ville de Date, où je travaillais, est l'un des premiers producteurs de pêches. Mais il y a de nombreux agriculteurs qui ont décidé de couper les Pêchers, car ils estiment qu'il n'y a aucun espoir dans la gestion d'un verger qui a été contaminée par les radiations. N'ayant pas le droit de brûler les troncs et les branches des pêchers, ils restent entassés en plein air. La date est également célèbre pour kakis séchés. Après la récolte, les kakis sont pelées et accroché sur les chaînes et mis à l'air pour sécher.Toutefois, ces Kakis séchés étant contenant un niveau élevé de substance radioactive,ils ne sont plus produits depuis deux ans, et juste jetés comme un déchet.  Les fermes où les lieux de productivités, plus proche de la centrales nucléaire, ont été abandonnés. Ainsi les animaux des fermes, les vaches, cochon ou poules ont été abattue immédiatement.

 

9. Vie quotidienne de Tomino enfants des écoles élémentaires


       En Août 2011, le taux de la radioactivité dans l'air étaient d'environ 0,8 à 0,9 micro sievert autour de notre école. Pour cette raison, les enfants ne pouvaient pas aller jouer dehors pendant le premier trimestre entre Avril et Juillet 2011. En ce jour, il y'a vingt et une écoles élémentaires au total, et en Août 2011,nous avons demandé à toute les écoles d'enlever 10 cm de surface de la terre de la cours de récréation afin de les enterrer dans un trou (qui faisait à peu près la taille d'une piscine) et de le recouvrir avec une grande feuille de plastique spéciale. À l'heure actuelle, la dose radioactif ÷a diminuée entre 0,1 à 0,2 micro sievert. Actuellement, les écoles sont alors un lieu où la radioactivité est plus bas que n'importe où. Mais la crainte et la peur des parents d’élèves ne cessent pas pour autant d'exister.C'est pourquoi, depuis Août 2011,après l’enlèvement des 10 cm de la surface de la terre, nous avons dû limiter les activités externes des enfants à trois heures par jour. Et nous ne pouvions pas non plus utiliser notre piscine l'année dernière parce que les agriculteurs voisins ne veulaient pas que nous évacuons l'eau de la piscine contaminée. Et après l'accident nucléaire, nous n'avons pas été en mesure de mener des activités telles que l'élevage d'animaux et de plantes.


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Ceci est une photo montrant les travaux de décontamination de la piscine de l'école à la fin de Août 2011. Nous avons dû enlever quelques millimètres de la surface de la dalle de béton autour de la piscine. Les morceaux de bétons ont été mis dans plusieurs sacs en plastiques en raison de leur radioactivité. Même maintenant, ces sacs sont empilés, recouvert d'une feuille spéciale et sont laissés dans un coin de la cour d'école.

 

Depuis l'été 2011, les parents sont devenus inquiets, non seulement au sujet de l'exposition externe, mais aussi sur l'exposition interne des enfants.C'est à dire qu'ils se préoccupent maintenant des ingrédients utilisés dans notre cantine scolaire. C'est alors que nous avons remarqués quelques enfants amenant leur propre déjeuner. Le 27 Mars de l'année dernière, tous les élèves de notre école a été testé pour l'exposition interne en utilisant toute compteur de corps. Les résultats ont montré que les élèves étaient à un niveau où il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Mais les médias ont continué à nourrir des informations comme quoi la substance radioactive s'accumulait dans le corps humain au niveau des os. Pour cette raison, il y a encore beaucoup de jeunes collégiennes qui s'inquiètent du fait qu'ils pourraient peut être pas être en mesure de se marier ou avoir des enfants plus tard,et qui sont dans l'incapacité de poser ses questions à leurs mères de peur de les inquiéter.

 

10. Enfants sur le chemin de l'école


       S'il vous plaît, jetez un oeil à cette image. Ceci est une photo d'un groupe d'enfants allant à l'école un jour très chaud en août 2011. Comme il faisait très chaud, ils ne portaient pas de chemises à manches longues mais des masques. Ils marchaient tête baissée, avec un air très fatigué. Vous pouvez voir le soi-disant "badge de verre", qui est le dosimètre individuel, qui pend à leur cou.Un matin, je me tenais à la porte de l'école pour accueillir les enfants à l'école et j'ai vu un garçon qui ne portait pas l'insigne de verre, donc je lui ai demandé «où est votre badge de verre, ce matin?" Le garçon soudainement réalisé qu'il l'avait oublié à la maison, (dans notre école, nous ne laissons pas les étudiants retournaient à la maison pour aller chercher les objets oubliés des raisons de sécurité), donc je lui ai dit que c'était pas grave, si c'est juste l'espace d'un jour. Mais il a dit,qu'il ne voulaient pas que ses parents s’inquiètent et a couru pour rentrer chez lui pour aller le chercher.Je n’oublierai alors jamais le regard  sérieux et la voix tremblante de ce jeune homme. J'ai remarqué que plus les enfants sont jeunes plus ils ont une capacité d'adaptation à environnement dans lequel ils sont contraints de vivre.

 

11. L'apprentissage par voyage scolaire


       Il y a deux ans, à la fin du mois de mai,nous avons effectués une sortie scolaire au centre de la nature de Aizu, qui est à 100 km de notre école. Il se déroula alors un jeu de piste pour animer la journée et l'avant dernière piste, où je l'attendais, était de «se coucha sur l'herbe et rouler sur la pente » Le premier groupe d'enfants qui ont atteint ce cette piste est venu vers moi avec un regard perplexe et dit: « Peut-on vraiment se coucha sur l'herbe? Il y a aucune danger? "Quand je leur ai dit:« Nous sommes très loin de la centrale nucléaire et de ce fait il y a aucun danger.Vous pouvez rouler tant que vous voulez sur cet herbe.», les enfants ont alors crié:" Vraiment? C'est génial! "Et ils ont tous commencé à rouler plusieurs fois. Ils criaient tous avec joie car ils roulaient sur la pente. C'était l'époque où j'ai vraiment réalisé pour la première fois, à quel point ces enfants se retenaient tous les jours. Chacune et chacun de ces enfants qui vivent et vont à l'école dans les zones où le rayon radioactif est encore élevé sont en détresse et leurs coeurs ont été brisés. Et même dans cette situation désastreuse, ils font de leur mieux pour vivre au quotidien, en pensant à leurs familles plutôt que de se plaindre des limites imposées. Mais, de nombreux parents qui ont des enfants se demandent encore si la dose radioactif d'air fixé par le ministère de l'Éducation, de la Science et de la technologie ou le gouvernement de Fukushima au Japon est vraiment sûr.

 

12. La situation actuelle au Laos


       Permettez-moi de changer de sujet un peu. Tout en étant un instituteur, j'ai eu l'occasion d'aller au Laos trois fois. J'ai visité les villages des minorités ethniques vivant dans la région montagneuse et j'ai eu l'occasion de voir la vie des enfants. Le Laos est un pays entouré par le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande et la Chine. J'ai pris un vol à destination de Vientiane à travers Bangkok, et parce qu'il n'y a pas de train, j'ai dû monter dans un bus pendant 10 heures pour rejoindre le village. Il y a encore 300 tonnes de bombes de la guerre du Vietnam à sous-munitions non explosées laissées. 200 personnes meurent chaque année de ces bombes, dont la moitié sont des enfants. Dans un village où il n'y a ni électricité, ni d'eau potable ni d'hôpitaux, j'ai vu des enfants qui étudiaient avec curiosité et enthousiasme, même si elles n'ont pas assez de papier et que leur bâtiment de l'école ressemblait plus à une cabane qui pourrait s’effondrait à tout moment. Jusqu'à présent, j'ai travaillé pour aider à construire de nouvelles écoles dans ces villages afin d'encourager les personnes issues de minorités, vivant dans la région. Et chaque fois que je comparais la situation de ces enfants avec la situation des enfants au Japon, j'ai toujours pensé que les enfants japonais étaient bien plus chanceux qu'eux.

 

13. Activités des élèves de l'école élémentaire Higashidate


       Avant d'être transféré à l'école élémentaire Tomino, j'étais le directeur d'une autre école élémentaire appelé l'école élémentaire Higashidate. Lorsque les élèves de l'école élémentaire Higashidate ont appris les situations désastreuses dans lesquelles vivaient les enfants du Laos, ils ont décidé de faire quelque chose pour les aider. Ils ont d'abord fait des collecte de papier, puis l'année d'après,des instruments de musique. Les élèves ont collecté de nombreux biens scolaires pour les enfants du Laos, mais n'a pas pu trouver un moyen de les envoyer dans les villages, car il n'y a pas de bureaux de poste ou tout autre système de livraison là-bas. Ainsi, les étudiants ont décidé d'utiliser  des poivrons rouges séchés pour faire une sorte de sauce piquante appelé "Taberu ra-yu", qui était alors très populaire au Japon, et de les vendre au PTA (Association parents-enseignants) pendant un bazar. J'ai un clip vidéo du bazar, qui a été prise par la télévision nationale NHK du Japon, donc s'il vous plaît regarder ce pour un moment. Dans cette vidéo, la scène où les élèves vendent la sauce piquante est montré dans la seconde moitié. Dans la matinée, ils vendaient la sauce piquante pour les résidents locaux et dans l'après-midi, ils les vendaient à la PTA. Quand les bouteilles de sauce ont tous été vendus, les enfants ont crié "banzai!" Qui est l'équivalent de "hourra!". Je pense qu'ils ont crié de joie, car ils étaient heureux de savoir qu'ils peuvaient réellement aider les enfants du Laos. Les étudiants ont obtenu ¥ 183,000, soit environ 1.425 euros grâce à la vent de la sauce piquante.

 

14. Une école-monnaie


       C'est une image d'une école, que nous appelons «l'école d'une seule pièce.« C'est une école construite à partir de l'argent que les enfants au Japon ont fait don à partir de leur argent en effectuant des tâches ménagères ou de la recette des bazars. Au Laos, le coût de construction d'une école est d'environ 7.800 euros par classe. Les noms des écoles qui ont fait des dons sont inscrits sur les sacs en papier portés par les enfants laotiens. La joie des étudiants des écoles Higashidate était grandiose quand ils ont vu cette image. Cette joie est traduite par la découverte que même un enfant peut faire quelque chose pour changer la dure réalité des enfants qui est dû à la pauvreté de l' Asie du Sud-Est.

 

15. Les enfants de l'école élémentaire Tomino


       Quand j'ai commencé à travailler à l'école primaire Tomino, qui est la dernière école dans lequel j'ai travaillé avant de prendre ma retraite, la première chose que j'ai fait a été de laisser les enfants croire en  leurs propres rêves et de laisser leurs espoirs aussi grands que possible. Donc ce que j'ai fait était d'inviter les adultes de différentes professions à l'école Tomino. J'ai invité un ancien élève de l'école, qui est devenu  policière, son rêve de rouler sur une moto à la tête du cortège des policiers étaient devenus réalité. J'ai aussi invité un professeur d'université célèbre pour ses recherches sur les lucioles  pour que les enfants prennent conscience de l'importance de préserver la nature. Nous avons également eu l'occasion d'apprendre l'art de la soie, qui était populaire dans la région nord de Fukushima auparavant. De là, nous avons appris l' histoire de notre ville natale. Un ami m'a aussi présenté une personne, qui avait participé deux fois aux jeux olympique dans la catégorie windsurfe. Les enfants de l'école Tomino étaient plus excités quand nous avons appris que Koko Noguchi, renommée artiste japonais d'un monde qui travaille principalement à Paris allait nous rendre visite dans cette petite école située dans un petit village à l'extrémité nord de la préfecture de Fukushima. Ses œuvres ont été exposées dans certains musées d'art populaire du Japon comme Pola Museum of Art et Iwate Museum of Art. Et beaucoup de gens sont attirés par la beauté et les merveilles de ses œuvres. Pour les enfants de l'école Tomino, le temps qu'ils ont passé avec Mme Noguchi a faire des origami et prendre des photos pour créer des œuvres d'art est une expérience qu'ils n'oublieront jamais.

 

16. "Koinobori" pour souhaiter la reprise, et "Koinobori" pour rendre grâce au retour


       "Koinobori" est la bannière de la carpe coloré que nous mettons en place pour célébrer la journée des enfants le 5 mai. Dans la vidéo, que je m'apprête à vous montrer, vous verrez un Koinobori qui est couvert de messages d'encouragement écrits par les enfants des minorités ethniques vivant au Vietnam et au Laos. La vidéo elle-même est sur une autre Koinobori qui est couvert de messages et des mots de remerciements et vœux pour la reprise, qui a été envoyé au Vietnam et au Laos en échange de leurs mots d'encouragement. L'an dernier, au début de Février, j'ai pris le Koinobori et assisté à une conférence internationale entre les dirigeants des ONG basées en Asie du Sud-Est, et donné une présentation sur les enfants de Fukushima. Le Premier ministre Abe du Japon et son épouse ont également écrit un message sur le Koinobori. Le Koinobori voyagé au Vietnam et au Laos et est retourné au Japon au début de mai. Il y avait 7 pays: Vietnam, Laos, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, et les Etats-Unis qui ont participé à la conférence internationale. Le représentant du Laos ONG a également visité l'école pour encourager les enfants et a laissé un message très important : "L'important est d'être utile aux autres que d'étudier". C'est lorsque les enfants ont réalisé pour la première fois que des gens comme Abraham Lincoln, Mozart, Nightingale, Helen Keller, ainsi que le célèbre moine japonais Ikkyu et chercheur japonais Hideo Noguchi sont tous devenus des grands hommes et femmes parce qu'ils ont vécu pour être utile à d'autres personnes. A partir de là, les enfants et les enseignants ont commencé à travailler ensemble et de penser que même les enfants peuvent travailler pour d'autres personnes.

 

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Cette image montre certains élèves rendre visite aux personnes âgées dans une maison de retraite pour leurs chanter des chansons ou jouer une pièce de théâtre. Une jeune fille m'avait alors dit qu'une vieille dame dont je serrai la main m'a demandé à plusieurs reprises de revenir et elle ne voulait pas lâcher ma main. J'étais tellement heureux. "Les enfants des écoles,où j'ai travaillé, se portent bien, même si les zones sont toujours affectés par les radiations. Ils sont remplis d' «espoirs et des rêves." Et ils disent: «Je vais devenir le genre de personne qui aideront les autres." S'il vous plaît jeter un oeil à une autre image des étudiants de mon école. Avec cette image, qui a été imprimé dans un journal le 22 Juillet l'année dernière, il y'a aussi un message à nos enfants. "Avec toute la gentillesse et encouragements envoyé de tout le Japon et le monde, nous récupérons notre force. Dans l'espoir qu'un jour, nous serons en mesure de montrer nos gratitudes, nous continuerons à faire de notre mieux dans les domaines sportifs et  universitaires, afin de devenir des adultes qui vont travailler pour le Japon et le monde. "Nous avons un projet appelé One Project-pièce de l'école, que j'ai mentionné plus tôt. Il s'agit d'un projet pour aider à construire des écoles pour les enfants des minorités, vivant dans les régions montagneuses de l'Asie du Sud-Est. Le conseil supérieur des écoles  de la ville de Iwaki Fukushima, et les élèves des écoles élémentaires de la ville de Fukuroi de la préfecture de Shizuoka, ont commencé à travailler sur le projet. C'est un bon exemple de ce que nous pouvons faire pour remercier de tous les encouragements envoyés par les enfants de l'Asie du Sud aux enfants de Fukushima.Je pense que c'est un projet merevilleux.

 

17. La France et le Japon


       C'est la deuxième fois que ma femme et moi venons en France. Nous sommes venus ici il y a 30 ans. À l'époque, nous ne pouvions pas aller à l'intérieur du Louvre, car il était en rénovation. Cette fois, nous sommes allés voir le Mont Saint-Michel, mais la chose la plus merveilleuse, c'est que nous avons pu avoir Mme Koko Noguchi nous faire une visite guidée du Louvre. Je pense que c'est la meilleur guide qu' un touriste japonais pourrait avoir. Et M. Yukitaka Takahashi, qui est le secrétaire général de l'Association Amicale des ressortissants Japonais en France (association japonaise de la France) et est ici avec nous aujourd'hui,c'est un ancien diplômé d'une école primaire située juste à côté de la dernière école où j'ai travaillé. La France est un pays merveilleux pleins d' histoire et d'art, et bien plus encore. Je pense que le Japon est un pays tout aussi beau. Non seulement à travers la beauté des châteaux, des temples ou des sanctuaires, mais aussi à travers la beauté spectaculaire que nous offre la nature . Je tiens à enseigner à nos enfants l'importance de protéger les beaux pays comme la France et le Japon, et à travailler pour maintenir notre terre paisible et belle. Pour cela, je voudrais suggérer que nous devrions tous travailler ensemble.


Enfin, je tiens à remercier de nouveau M. Paul-André Mellies et Mme Koko Noguchi. Je vous remercie beaucoup de m'avoir donné l'occasion de prendre la parole devant un auditoire aussi merveilleux et vous remercie de m'avoir écouté.

 

 

 

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