Rencontre avec des évacués à Matsumoto

Matsumoto City, préfecture de Nagano, est une ville universitaire de 240.000 habitants, avec une abondante nature, à 320 kilomètres des centrales nucléaires de Fukushima. Afin d’échapper aux conséquences de l’accident nucléaire, environ 300 personnes ont évacué vers Matsumoto city et ses environs. Les 4 et 5 mars 2013, le Dr. Sebastian Pflugbeil, un physicien président de la société allemande pour la protection des radiations, et le Pr. Eugène Eichhorn, un mathématicien président du forum germano-japonais pour la paix (Berlin), ont visité Matsumoto.

 

Dans la soirée du 4 mars, le Dr Pflugbeil et Pr. Eichhorn ont rencontré les familles d’une trentaine d’évacués. Les Dr Pflugbeil et Pr. Eichhorn ont plusieurs fois visité le japon après le désastre nucléaire, soulignant à chaque fois la gravité de la situation. Le Dr Pflugbeil a dit: » Après le désastre de Tchernobyl, d’énormes dangers pour la santé ont été vus même en Bavière (Allemagne), qui est à 1.200 km de Tchernobyl. Ces dangers ont commencé d’apparaître 5 à 6 ans après le désastre.

 

Du fait du désastre de Fukushima, même le sud de Tokyo est autant contaminé que la Bavière. Par conséquent, les mêmes risques néfastes pour la santé devraient être prévus dans cette région. Nous avons à réfléchir sérieusement sur ce que nous devrions faire. » Au même moment le Pr. Eichhorn a dit: » Il n’est pas possible de défaire ce qui est arrivé. Ce que nous devons certainement faire maintenant, c’est de ne pas remettre en exploitation les centrales nucléaires. »

Matsumoto City
Matsumoto City

Chacun, y compris les enfants a eu un excellent dîner avec des plats faits à la maison. Après le dîner les Dr Pflugbeil et Pr. Eichhorn ont attentivement écouté les histoires individuelles de mères évacuées et répondu à leurs inquiétudes et questions. La majorité des participants étaient des mères et des enfants qui ont évacué volontairement de Fukushima et des préfectures voisines. Il y avait aussi un père, programmeur en informatique qui a rejoint sa femme et ses enfants plus tard et quitté son travail. Chez une des mères on avait déjà diagnostiqué un cancer de la thyroïde et elle avait été opérée en Août dernier. Selon cette mère, trois de ses jeunes enfants ont aussi des anomalies de la thyroïde et doivent avoir un contrôle tous les 6 mois. Elle a aussi ajouté que son médecin principal a immédiatement nié « toute relation de cause à effet entre la survenue de son cancer et le désastre de Fukushima. » Le Dr Pflugbeil s’est montré très soucieux d’une telle tendance sociale et de la pression politique envers les médecins.

Chaque famille doit faire face à une situation très difficile. Tous ont dit, en larmes, que cette évacuation n’est que le début d’une période sombre, avec une querelle avec les familles et amis qui sont restés dans leurs domiciles, des inquiétudes pour leur santé, un trouble psychologique, des ennuis financiers et ainsi de suite.

 

Les Dr Pflugbeil et Pr. Eichhorn ont tous deux affirmé qu’ils voudraient améliorer la coopération avec des médecins et les chercheurs japonais consciencieux et faire le lien entre les médecins expérimentés à propos de Tchernobyl et les médecins sincères japonais. Ils ont prévu de rester au Japon pour environ 3 semaines à partir de fin février, et de participer, à travers le Japon, à des réunions et des conférences avec des spécialistes et des citoyens.

Cette réunion de discussions, s’est tenue dans une maison de plus de 100 ans d’âge, offerte gratuitement aux évacués par le propriétaire. La maison souvent rénovée, des mains des évacués et des soutiens locaux, est devenue un espace confortable. Avec cette maison populaire comme base, un réseau informatique a été créé pour les évacués vers la préfecture de Nagano, dans le but d’échanger des informations et de soutenir les évacués et ceux qui souhaitent évacuer et se rétablir. Cette maison populaire sert aussi de bureau pour un réseau informatique d’évacués à Shinshu.

 

Les radiations des réacteurs nucléaires de Fukushima ont diffusé tant vers le Nord que vers l’Est du Japon. En conséquence, ce réseau accepte les évacués sans limitation de zone et vise à aider les évacués et ceux qui souhaitent évacuer sans les isoler, ainsi que de chercher des solutions pour reconstruire leurs Vies.

 

Masako Hashimoto  World Network for Saving Children from Radiation

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